• Selon le Premier ministre libanais Fouad Siniora, l'offensive israélienne au Liban a fait plus de 1200 morts, dont un tiers d'enfants de moins de 12 ans, 3.000 blessés et un million de réfugiés, soit le quart de la population du pays.



    Israel a volontairement tué des civiles libanais pour la majorité de confession musulmane.



    Des villages entiers ont été rayés de la carte, des quartiers dévastés, des infrastructures detruites.... Le Liban est en ruine !



    on ne peut que rester perplexe face au déferlement de la violence et de la haine d ‘israel



    La volonté d'Israel paraît cependant évidente dans cette guerre injuste et injustifiable, elle voulait semer la discorde et la haine au sein de la population libanaise en mettant à dos les musulmans et les chrétiens libanais.



    Mener une guerre contre les chiites à coup de propagande mensongères, de destructions et de bombardements visant clairement la population musulmane devraient rappeler aux juifs un passé pas très lointains et ressemble aux pires heures de l'histoire de l'humanité mais les libanais n'ont pas été dupe et tous quelques soit leur confessions ont dénoncé cette guerre et se sont sentis solidaires car ce sont des enfants libanais qui sont morts pour rien ce sont des femmes libanaises ...



    De plus Le hezbollah n'est pas une organisation terroriste, c'est une milice qui protège l intégrité territoriale du sud liban.



    Si israel n'avait envahi le liban en 1982, elle m'aurait pas été crée.



    Ces libanais se battent au nom de la justice et de leur droit de vivre en sécurité dans leur propre pays



    Israel est la seul menace dans la région et bien qu'elle se flattait d'avoir une armée puissante, qu'elle se permet soit dit en passant de personnifier comme pour lui donner une légitimité et une dimension humaine, cette armée surnommé tshahal a reçu une belle leçon.



     



     


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  • Quatre observateurs de l'ONU ont été  tués mardi par un bombardement israélien au Liban sud, cette action ciblée semble etre un message envoyé directement à la conférence internationale qui se tient aujourdhui à rome et dans l'objectif est celui de trouver une solution au conflit.


    Israel veut montrer sa determination dans cette guerre contre le LIBAN ; et semble vouloir refuser toute ingerence qui entraverait ses plans de destruction massive du peuple libanais.


    Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, s'est déclaré "choqué" mercredi par le bombardement israélien, "visant apparemment délibérément" la position de la Finul, et a appelé le gouvernement israélien "à mener une enquête approfondie sur cet incident très préoccupant".


    Pour sa part, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a appelé M. Annan pour lui exprimer ses "profonds regrets" pour ce drame accidentel, et pour exprimer ses "réserves" sur les propos du secrétaire général.... evidement il n'allait comme pas dire que cette tuerie est volontaire, cependant les bombardements depuis 13j sont volontairement destiné a tuer des civils puisque l'armée israelienne les vise clairement .... pretextant encore une fois que des armes sont cachés dans les habitations et des ecoles ...


    Ainsi israel est comme " obligé " de tuer des enfants et des femmes pour tuer le hezbollah !!! mais de qui se moque t'on ???


    les combats se déroulent toujours  à Bint Jbeil, dans le sud du Liban, où neuf soldats israéliens ont été "touchés" dans les affrontements avec la resistance libanaise, selon une source militaire israélienne.



    La chaîne de télévision Al-Arabiya, basée à Dubaï, a fait état de 12 soldats israéliens tués.


    Des casques bleus de l'Onu tentaient toujours de dégager le corps d'un des quatre observateurs des Nations Unies des décombres de leur poste, détruit mardi en fin d'après-midi dans un raid aérien israélien à Khiam, dans le secteur oriental de la frontière, selon une source des services de sécurité libanais. Une cinquantaine de soldats du contingent indien de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) tentaient, avec des pelles ou à mains nues, d'enlever des blocs de béton pour extraire la dernière victime du poste détruit, une maison de deux étages munie d'un abri.


    "Il y a eu mardi autour de ce poste quatorze autres bombardements israéliens et ils se poursuivaient durant l'opération de secours", a affirmé le porte-parole de la Finul, Milos Strugar. c'est dire l'acharnement d'Israel dans la tuerie et l'horreur



     Selon la source libanaise, plus de trente raids aériens israéliens ont visé les alentours de ce poste au cours des trois derniers jours.



    A New York, l'Onu a annoncé la mort des quatre casques bleus sans confirmer les informations selon lesquelles il s'agit d'un Autrichien, d'un Canadien, d'un Chinois et d'un Finlandais. La Chine a toutefois a toutefois annoncé la mort d'un de ses ressortissants, tout en condamnant "fermement" le raid israélien et a convoqué l'ambassadeur d'Israël en Chine pour exiger "des excuses".



    A New Delhi, le ministre indien de la Défense, Rao Inderjit Singh, a indiqué qu'un soldat indien avait été blessé, apparemment lorsque les soldats indiens de la Finul ont tenté de conduire une opération de secours, et que le retrait du contingent indien de la Finul, fort de 600 hommes, était envisagé.



    Ce bombardement est intervenu à la veille de la conférence qui réunit à Rome M. Annan et des représentants de 14 pays autour de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice pour tenter de trouver une issue au conflit et à la crise humanitaire qui frappent le Liban depuis le 12 juillet, date du début de l'offensive israélienne au Liban contre le liban.



    Près de 400 personnes, dans leur immense majorité des civils, ont été tués au Liban depuis le début du conflit. Quelque 150 blessés graves devaient aussi être évacués vers Amman mercredi à bord de ces mêmes appareils, a annoncé le ministre libanais des Travaux publics, Mohammad Safadi.


    L'état-major israélien a reconnu que des affrontements se poursuivaient dans le secteur de Bint-Jbeil, après avoir annoncé mardi la chute de la ville. voila un exemple de la propagande israelienne en deroute au liban







    Le chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, a annoncé dans la nuit que ses combattants allaient tirer des roquettes "au-delà" de Haïfa (nord d'Israël) et mener une "guérilla" contre les troupes israéliennes entrées en territoire libanais.

     













     

     

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  • Jonathan Cook


    publié le vendredi 21 juillet 2006.


    un conseiller du gouvernement israélien se vante : « Nous n'avons jamais été aussi bons. La 'habara' (la propagande) est une machine bien huilée. »


    Nazareth a fait les titres internationaux pour la première fois dans cette méchante guerre engagée par Israël, surtout contre des civils libanais. Le journaliste Matthew Price, ayant mis un gilet pare-balles bleu, disait depuis Haïfa aux téléspectateurs de la BBC que pour la première fois, tard dimanche, le Hezbollah avait tiré sur Nazareth ; « Nazareth est une ville principalement chrétienne » ajoutait-il, réussissant ainsi à placer en une simple phrase de quelques mots, deux erreurs de faits et une allusion incitative inquiétante.


    D'abord sur le tir des roquettes (les gens de Nazareth craignent certainement les roquettes) : le Hezbollah n'a pas frappé Nazareth mais un lieu à une certaine distance de Nazareth, un emplacement d'importance stratégique pour Israël - je ne peux en dire plus car nous sommes maintenant sous la loi martiale, officiellement, dans le nord du pays.


    Matthew Price est également dans l'erreur quand il dit que Nazareth est une ville « principalement chrétienne ». Pendant la guerre de 1948, au cours de laquelle l'armée d'Israël a nettoyé ethniquement la plus grande partie de la région des Palestiniens, les villageois musulmans ont fui vers Nazareth à la recherche d'un refuge. Aujourd'hui, les 2/3 des 75 000 habitants de la ville sont musulmans, ou au moins considérés comme tels en vertu du système de classification religieuse appliqué à tous les citoyens par les autorités israéliennes.


    Sur le sens de l'allusion méchante de notre journaliste de la BBC.


    Plusieurs manufactures d'armement et entrepôts de stockage israéliens ont été construits à côté des communautés arabes dans le nord d'Israël ; sûrement dans l'espoir que cela dissuadera les régimes arabes d'attaquer cet arsenal énorme d'Israël. Autrement dit, les habitants d'un certain nombre de villes et villages arabes d'Israël sont utilisés comme boucliers humains afin de protéger la machine de guerre israélienne.


    Avant que les roquettes ne tombent près de Nazareth dimanche soir, plusieurs villages arabes dans le nord avaient été touchés par le Hezbollah qui essayait d'atteindre ces usines. Personne de la BBC n'a vu alors la nécessité de mentionner ces attaques et le fait que c'était essentiellement des villages musulmans qui avaient été touchés.


    Pourquoi alors l'attaque sur Nazareth - en lui attribuant un faux statut de ville chrétienne - est-elle dans le reportage de la BBC ? Parce qu'Israël veut présenter le Hezbollah, avec son chef le Sheikh Hassan Nasrallah, comme une milice islamique démente, comme des Musulmans fanatiques haïssant les Juifs et les Chrétiens avec la même intensité. Les prétentions d'Israël doivent s'intégrer dans la « guerre contre le terrorisme » de George Bush. Et comme prévu, la BBC a suivi et débité cette absurdité raciste.


    Si quelqu'un en doutait encore, voici une bonne preuve comme quoi c'est bien Israël qui fixe le programme des infos des animateurs tels ceux de la BBC.


    ***


    Selon le Jerusalem Post pourtant chauvin, le cabinet du Premier ministre israélien et l'armée, du fait de leurs succès, délirent dans la dictée des titres et des tendances aux journalistes étrangers.


    Le conseil en communication d'Ehud Olmert, Assif Shariv, révèle au Post que les médias internationaux interviewent le porte-parole israélien quatre fois plus que ceux des Palestiniens et des Libanais. Un autre conseiller du gouvernement, Gideon Meir, se vante : « Nous n'avons jamais été aussi bons. La habara (propagande) est une machine bien huilée. »


    Ceci explique pourquoi nous en savons si peu sur ce qui se passe au Liban et à Gaza ; et pourquoi nous en savons si peu aussi sur ce qui se passe en Israël.


    Je l'ai dit, les résidents du nord d'Israël, dont moi-même, sont sous la loi martiale ; de même les journalistes étrangers qui, de plus, sont tenus de soumettre leurs articles à la censure militaire. Tout ce que je peux vous dire sans violer cette loi, c'est que vous n'aurez pas une véritable idée de ce qui se passe ici, en Galilée.


    Une info que vous n'aurez probablement pas via les médias étrangers - même si courageusement des médias libéraux hébreux ont essayé d'attirer l'attention sur cette question - c'est que « la seule démocratie du Moyen-Orient » a tout simplement fait taire Al-Jazeera dans les informations à l'intérieur d'Israël.


    La raison en est limpide : jusqu'à récemment, Al-Jazeera était reçue bien vue dans les cercles de la presse nationale et étrangère. Al-Jazeera exerce le journalisme le plus sérieux et le plus populaire du monde arabe et est essentielle pour qui veut avoir une idée réaliste des situations des deux côtés de la frontière. Pour le missile tombé près de Nazareth dimanche soir, Al-Jazeera a publié l'information au moins une demi-heure avant les médias israéliens, et un jour avant mon collègue Matthew Price.


    Comment fait-elle ? la plupart de ses équipes en Israël sont composées, et de citoyens israéliens, et d'Arabes palestiniens. Ses journalistes font parti de ce cinquième oublié de la population israélienne, dont la citoyenneté est israélienne mais la nationalité, palestinienne. Aussi, non seulement les journalistes d'Al-Jazeera connaissent la partie nord d'Israël comme leur propre terre - parce que c'est leur propre terre - mais ils n'attendent pas lâchement les bureaux du Premier ministre israélien ni les porte-parole de l'armée pour informer des évènements.


    Regarder les infos d'Al-Jazeera a été une révélation : la chaîne a consacré une partie appréciable de son reportage sur les évènements en Israël aussi bien qu'au Liban, dans un contraste saisissant comparée aux animateurs israéliens qui rarement montrent des films sur le Liban.


    De même, Al-Jazeera a loyalement traduit en arabe le discours d'Ehud Olmert, au mot à mot et a présenté, à ses téléspectateurs, une analyse étoffée d'un correspondant local. Les journalistes israéliens, quant à eux, traduisent en hébreu et en anglais, en les déformant, les interventions télévisées du chef du Hezbollah, le sheikh Hassan Nasrallah, supprimant leur contexte et ses appels à la négociation. Les mêmes positions tout aussi déformées sur Nasrallah, des médias étrangers, montrent leur extrême dépendance à l'égard de leurs collègues israéliens.


    Les reportages d'Al-Jazeera, dans Israël - qui sont le meilleur moyen pour le monde arabe d'être informé sur les points de vue israéliens - ont été effectivement supprimés. Dans les deux derniers jours, son rédacteur en chef a été arrêté à deux occasions et un autre journaliste, un vétéran, a été emmené pour interrogatoire. Selon ses journalistes, ils ne peuvent bouger de leur bureau sans être suivis par les services de sécurité israéliens.


    Pourquoi les traite-t-on ainsi ? parce que selon le seul journal sérieux d'Israël, Ha'aretz, les médias hébreux du pays ont fait monter la pression contre eux. En particulier, la station radio Reshet Bet, qui compte parmi les médias israéliens fidèles au gouvernement, a raconté, mensongèrement, qu'Al-Jazeera aurait révélé des informations secrètes, notamment les sites de lance-missiles.


    Est-ce vrai ? toujours selon Ha'aretz : « D'autres réseaux télévision, dont les services d'informations israéliens, ont donné des infos similaires sans subir les interventions policières. »


    La liberté de la presse ne veut plus dire grand-chose quand le gouvernement part en guerre. Les médias nationaux considèrent qu'ils ont un devoir patriotique non seulement de vider l'info de son contexte indispensable pour leurs téléspectateurs, mais souvent d'en falsifier le contenu aussi. Beaucoup de médias en Israël font carrément les deux, avec talent.


    La vérité est que certains médias israéliens considèrent comme de leur job de faire taire les autres journalistes moins poltrons qu'eux ; peut-être croient-ils qu'Al-Jazeera en fait des propagandistes.


    ***


    Nabila Espanioly, directeur d'une organisation caritative de Nazareth pour promouvoir les droits des femmes et des enfants, fait remarquer un point intéressant, rappelant comment les médias étrangers et israéliens se retrouvent dans les abris de Haïfa et de Nahariya pour interroger les « Israéliens » terrifiés.


    En réalité, ils ne parlent pas avec des Israéliens mais avec des Juifs israéliens. Le cinquième de la population, les non juifs et arabes, vous les trouverez rarement se cachant dans des abris publics car les autorités ont négligé d'en construire dans leurs villes et villages.


    Autrement dit, alors que l'armée israélienne a installé, dans le nord, plusieurs manufactures d'armes importantes et des postes de renseignements militaires auprès des communautés arabes, et que les retombées sont quasiment assurées ici notamment avec les roquettes Katyusha, le gouvernement israélien n'a même pas prévu de protection pour ces habitants arabes. Ceci est un élément supplémentaire de la discrimination qu'endure depuis des décennies la population arabe du pays et qui apparaît rarement dans les reportages en Israël.


    Imperméables à toute ironie, les médias israéliens et étrangers ont diffusé des récits émouvants montrant des « Israéliens » ouvrant leur maison et leur cœur à leurs compatriotes qui fuient le nord. Là encore, on dit « Israéliens » en montrant des « Juifs israéliens ». Car personne de ma connaissance, ici à Nazareth, n'espèrerait trouver l'accueil chaleureux dont il aurait besoin dans cette même situation, à Tel Aviv ou à Beer Sheva. On les laisserait dehors, avec nulle part où se rendre.


    Les seules communautés arabes hors portée de tirs du Hezbollah sont celles du sud du Néguev, les Bédouins. Mais ne parlons pas de confort. La plupart des 150 000 Bédouins sont contraints de vivre sous des tentes sordides ou des cabanes en métal par le gouvernement israélien dont les bulldozers détruisent toute construction en dur. Les autorités privent de nombreuses communautés bédouines d'eau et de tous les services publics. Aussi, s'armer de patience sous les tirs de Katyushas, c'est peut-être une meilleure option.


    ***Post-scriptum : à méditer à un moment plus calme, quand la pire des souffrances sera terminée


    Ces Juifs israéliens qui fuient pour sauver leur peau en se dirigeant vers le sud, vers le calme - jusqu'ici au moins - de Tel Aviv et plus loin, ne vous rappellent-ils pas des évènements qui se sont produits il y a près de 60 ans, quand 750 000 Palestiniens ont été forcés de quitter leur maison par l'armée israélienne ?


    Les Juifs israéliens ont toujours considéré - et ils le déclaraient volontiers aux étrangers - que les « Arabes » avaient perdu le droit à leurs maisons lors de la guerre de 1948 du fait qu'ils avaient « fui » (en fait, beaucoup avaient été expulsés de force, mais laissons cet aspect pour le moment).


    Le gouvernement israélien avait adopté la même position, refusant même aux 250 000 citoyens arabes d'Israël, classés réfugiés internes, de revenir dans leur maison et sur leurs terres d'origine (leurs ancêtres étaient partis pendant les combats de 1948 mais eux étant restés à l'intérieur de ce qui est aujourd'hui Israël en ont la citoyenneté).

    Alors, comment faut-il considérer ces Juifs israéliens qui sont en train de fuir Nahariya et Haïfa ? Doivent-ils perdre leur maison, leurs terres et leur compte bancaire, tout comme les Palestiniens en 1948 ?

    Jonathan Cook est écrivain et journaliste, il habite Nazareth, Israël. Son livre Sang et Religion : démasquer l'Etat juif et démocratique, est publié par Pluto Press Son site : http://www.jkcook.net
    Jonathan Cook        19 juillet 2006 - http://www.counterpunch.org/Cook071...
    Traduction : JPP



     



     



































     










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  • En visite familiale au Liban où réside la famille de mon épouse, j'assiste en direct et avec douleur aux évènements actuels. Alors que le pays compte plus de 120 morts au moment où ces lignes sont écrites, il n'est pas sûr que les Européens aient bien pris conscience de l'ampleur des destructions et des meurtres qui sont commis ici depuis plusieurs jours par l'armée israélienne. Elle fait ainsi payer à l'ensemble des habitants le rapt de deux soldats israéliens que le Hezbollah comptait échanger contre une partie des prisonniers arabes croupissant par milliers dans les prisons de la « seule démocratie du Proche-Orient » et dont aucun président, aucun premier ministre, aucun député, en Europe ou aux Etats-Unis, ne s'est encore préoccupé. Aucun d'eux ne s'est précipité, tout au long de ces années, pour demander leur « libération immédiate ».

    Aucun d'eux ne s'est soucié ce faisant, de désamorcer l'un des fondements de cette crise et de rétablir un peu la balance. Faire payer aux Libanais ce rapt et le soutien d'une large partie de la population à la « résistance », faire payer aux leaders politiques le fait de n'avoir pas pris le risque, depuis le départ des Syriens, d'une nouvelle guerre civile pour désarmer le Hezbollah, leur faire payer l'hésitation qu'ils ont manifesté à accepter de jouer, ce faisant, ce rôle auquel on a tenté de réduire l'Autorité Palestinienne, celui d'une police intérieure au service des intérêts israéliens ou occidentaux dans la région, ce sont sans doute là les raisons de cette agression sanglante de l'armée israélienne.
    Même si elle prend fin rapidement, il faudra des années pour effacer les traces des destructions dont cette armée s'est rendue coupable ces derniers jours. Bien que ces propos ne pèsent pas lourd face à la désinformation qui domine en Europe dès qu'il est question du conflit entre Israël et ses voisins, il faut redire que l'armée israélienne est seule responsable de cette furie destructrice que rien ne justifiait. S'il a enlevé deux soldats, le Hezbollah n'a pas porté atteinte à leur vie et il n'a attaqué les zones civiles israéliennes qu'en réponse aux bombardements aussi massifs qu'incompréhensibles de populations civiles au Liban Sud, dans les banlieues Sud de Beyrouth, à Baalbek et presque partout ailleurs. « Inadmissible » ou pas, cet enlèvement autorisait-il la destruction d'un pays entier ? Oui sans doute, quand on considère que les Arabes "ne comprennent que ça" (chercher la filiation...). Par ailleurs et quoiqu'on vous en dise ici, je vous assure qu'il n'y aucune commune mesure entre les roquettes tirées par le Hezbollah et les puissantes bombes incendiaires des Israéliens qui s'abattent nuit et jour sur les villes, les immeubles (des bombes incendiaires pour plus de « dégâts »), les ponts, les usines. Au demeurant, on n'a toujours pas entendu dire que l'armée de la Honte avait réussi à neutraliser des combattants du Hezbollah. Les civils, apparemment, suffisent. De préférence musulmans et surtout chiites, mais personne ici n'est à l'abri. Pas même le Premier Ministre.
    Comme en Palestine au même moment, les meurtres de civils, hommes, femmes, enfants, les meurtres délibérés de familles entières se multiplient. Ils ont débuté bien avant que les premiers morts ne se comptent en Israël. Parmi les dizaines de morts et les centaines de blessés dont de très nombreux enfants, au moins 3 familles de 7 à 9 personnes ont ainsi été décimées dans le sud du Liban dès les premières heures de l'opération en cours et de nouvelles informations de ce type se succèdent régulièrement sur les TV allumées en permanence. Dans certaines régions du Sud, les bilans ne sont pas encore connus avec précision, les informations circulant de plus en plus difficilement entre cette région et le reste du pays. Nous savons seulement que l'armée israélienne y a utilisé des bombes au phosphore, que les bombardements sont continus, que les cibles sont indifférenciées et que tout le monde est terrorisé. Dans tout le pays, les destructions des infrastructures civiles sont systématiques. Les routes et autoroutes, les ponts, les aéroports, les ports mais aussi des réserves de carburants, des stations services, des centrales électriques, des barrages électriques, toutes ces infrastructures sont systématiquement pulvérisées ou mises hors d'usage. Depuis deux jours, ce sont aussi les casernes de pompiers (à Tyr où des habitants s'étaient réfugiés), les casernes militaires (à Tripoli), les usines même alimentaires (l'usine Liban Lait près de Baalbek a été détruite cette nuit) qui sont prises pour cible. La présence sur les routes d'une foule de familles, de touristes et de travailleurs étrangers tentant de fuir le sud vers le nord, ou le Liban lui-même vers la Syrie n'empêche pas ces routes d'être bombardées et de nombreuses personnes y ont laissé leur vie. Après que des tracts largués par l'aviation israélienne aient poussé les habitants d'un village à le fuir en vue d'une prochaine attaque, des habitants se sont dirigés vers les locaux des Nations Unies pour obtenir protection. Après le refus des « soldats de la paix », ces personnes sont parties sur les routes, vers le Nord où le bombardement de leur véhicule a tué 22 personnes et, à nouveau, décimé toute une famille.
    En quelques jours, des années de reconstruction physique, politique et psychologique ont volé en éclat. Alors que le pays, d'années en années tentait difficilement de se relever de sa guerre civile, c'est à nouveau l'image du chaos qui envahi l'écran. Le sentiment terrible que toute cette folie destructrice n'aura jamais de fin. Que tout sera encore et toujours à recommencer, à reconstruire pour être à nouveau réduit en pièce par un Etat sans honneur ni dignité, seulement préoccupé de maintenir les sociétés voisines dans un sous développement qui le rassure sur l'illusion de sa propre supériorité et de sa sécurité. Après la destruction de la Cisjordanie il y a quelques années, de Gaza aujourd'hui, la puissante armée israélienne sème à nouveau la mort et la destruction au pays du Cèdre, toujours sous le regard des dirigeants européens qui ne semblent craindre qu'une chose : qu'Alain Finkelkraut ne les désigne comme « antisémites » parce que « trop critique envers Israël ». Alors que les autres pays du Moyen-orient semblent sagement attendre que leur tour arrive, les dirigeants français quant à eux abandonnent les Libanais. S'ils furent prompts à imposer la fin du protectorat syrien au Liban, ils les laissent aujourd'hui mourir sous les bombes israéliennes.

    Que vont devenir les nôtres ? C'est la question angoissante que tous ceux qui ont de la famille ou des amis au Liban se posent maintenant, en priant Dieu d'épargner leur vie et en pleurant tout ce gâchis, toute cette dévastation aussi inutile que cruelle. Les dirigeants israéliens promettent que leur guerre criminelle sera longue. Le Hezbollah promet des ripostes à la hauteur des crimes commis par les militaires israéliens. Les hôpitaux sont pleins, les médicaments manquent, l'Etat, l'armée, les services publics semblent paralysés et commencent déjà à être directement pris pour cibles. Le prix des produits alimentaires a commencé à augmenter. Certaines denrées essentielles vont bientôt se faire rares. Les ports et les routes étant coupés ou détruits et le blocus toujours actif, l'approvisionnement des villes va très rapidement devenir difficile. L'essence ne va pas tarder à manquer et avec l'essence, l'électricité puis l'eau potable, ce qui est déjà le cas dans certaines villes. Après le départ des travailleurs saisonniers, les agriculteurs ne trouvent plus d'ouvriers pour cueillir les fruits. Tous les projets de constructions sont arrêtés, les magasins, les restaurants, les rues sont vides. Beaucoup de personnes ont cessé de travailler. Le chômage risque maintenant d'augmenter très rapidement. La faillite menace les nombreuses personnes qui ont investis ces dernières années dans divers projets commerciaux. La pauvreté grandissant et l'Etat s'affaiblissant, on ne peut que craindre que les processus de replis communautaires et le clientélisme sur lequel ils s'appuient vont s'accentuer. Ce sont l'ensemble des équilibres sociaux, politiques et économiques, déjà instables, qui sont menacés. C'est le chaos qui, plus que jamais, menace aujourd'hui le Liban.

    Détruire pour détruire, isoler, diviser, désespérer, semer puis entretenir la haine, appauvrir voir affamer : tandis que les dirigeants américains et britanniques ont fait de l'Irak un nouveau Liban, les dirigeants israéliens font aujourd'hui du Liban une nouvelle Palestine, avec la complicité passive sinon active des dirigeants français et européens.
    Il est 22h00, ce 16 juillet. Les murs tremblement. Aux grondements sourds des avions répondent les explosions. Elles ont lieu a quelques kilomètres (Chtura, Baalbek, Saad Nayel, Rayak...), mais le souffle menace de faire exploser les vitres de la maison. Le père de ma femme s'amuse de nos airs effrayés et ne semble pas s'inquiéter. Depuis 30 ans, il en a vu d'autres. On se réfugie dans les coins, loin des vitres, avec notre pour mettre notre fils de 9 mois. Hady porte bien son nom. Il semble calme et serein. Avec un air mi-amusé mi-étonne, il regarde les voisins d'en haut, très agites, venus se réfugier ici. Avec sa maman, nous lui chantons des chansons et je le fais rire pour ne pas qu'il s'inquiète. La nuit sera longue, avec deux ou trois alertes de ce type. Sa jeune tante de 12 ans, en age de comprendre, a peur mais tente de se contenir ses larmes. Que Dieu les protégent.

    Dans quelques jours sans doute, les services français organiseront notre sortie. Nous mettrons notre fils a l'abri. Devrons-nous laisser sa jeune tante seule se réfugier dans les coins de la maison avec ses parents ? "Seulement les Européens" m'a rétorquée la personne a l'ambassade.

    Quel monde pourri.

    Willy Beauvallet
    Zahlé, Liban – 17 juillet 2006


    Source union juive francaise pour la paix ... je felicite ce site et vous invite tous à aller le visiter.  Bravo encore


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